Dans une société qui tolère encore que l’on tue par plaisir, observer sans nuire est un acte politique.

La SCAPE ne se contente pas de proposer une alternative à la chasse : elle en conteste la légitimité morale. Car il ne s’agit pas seulement de deux pratiques différentes face à la faune sauvage, il s’agit de deux visions incompatibles de ce qu’un être humain doit être dans son rapport au vivant.

La cynégétique repose sur un présupposé archaïque : que l’animal sauvage est une ressource disponible, un gibier en attente de son destin, une ‘chose sans maître’ que l’on peut s’approprier par la mort.
Ce présupposé n’est pas une tradition respectable : c’est un privilège maintenu de force, sanctuarisé par des lobbies puissants, financé par l’argent public et protégé par une législation taillée sur mesure par et pour ceux qui aiment tuer.

L’éthique de la SCAPE,elle, ne demande rien à l’animal. Elle exige tout de l’observateur.

C’est en cela qu’elle est subversive. C’est en cela qu’elle est nécessaire.