Contrairement aux animaux domestiques, la faune sauvage n'a aucun droit. La législation la considère comme une chose n'appartenant à personne. Elle est dite "res nullius".

Ce statut de "chose" permet de lui faire subir toutes les atrocités dont est capable un Homo sapiens, quand il n'a aucun compte à rendre. C'est le cas dans toutes les guerres. Dans celle contre les peuples, comme dans celle contre la nature et sa faune.

La législation restreindre, un peu, les ardeurs génocidaires de nos concitoyens, depuis qu'à la révolution, le droit de chasse pour tous, a failli faire disparaître bon nombre d'animaux.

Ce ne sont pas les intérêts de la faune que la loi défend, mais celui des chasseurs qui ont besoin de cette faune pour pérenniser cet "art de vivre" qu'est celui de tuer. (Comme disent les paramilitaires Russes, du groupe Wagner)

On a donc continué à exterminer tous les autres animaux sauvages qui concurrencent les intérêts mercantiles des humains. Jusqu'à ce que quelques scientifiques tirent la sonnette d'alarme sur les conséquences, pour l'humanité, de notre exploitation sans limites des richesses naturelles. On a surtout retenu celles du réchauffement climatique, mais la gestion de la disparition rapide des espèces a été confiée aux chasseurs. Leurs statuts leur imposent de gérer la biodiversité et l'équilibre des intérêts financiers des secteurs concernés par la faune sauvage. Ce sont les fameux équilibres agro-sylvo-cynégétiques, auxquels on a rajouté récemment le pastoral. Le monde agro-sylvo-pastoral a longtemps cru pouvoir se passer de la nature et domestiquer toutes les formes de vie qui peuvent l'enrichir, comme le précise l'article L425-4

" L'équilibre agro-sylvo-cynégétique consiste à rendre compatibles, d'une part, la présence durable d'une faune sauvage riche et variée et, d'autre part, la pérennité et la rentabilité économique des activités agricoles et sylvicoles. "

" L'équilibre agro-sylvo-cynégétique est recherché par la combinaison des moyens suivants : la chasse, la régulation, la prévention des dégâts de gibier par la mise en place de dispositifs de protection et de dispositifs de dissuasion ainsi que, le cas échéant, par des procédés de destruction autorisés.

Pour les chasseurs, seuls responsables légaux de cet équilibre, la présence de la faune sauvage se limite à celle de ses intérêts, c'est-à-dire à l'abondance de gibiers. Il s'est ensuivi le génocide de nombreuses espèces dites nuisibles, comme les rapaces, jusqu'à ce que l'on comprenne, trop tard, leur importance dans la nature et pour l'homme. Leur protection tardive ne permettra jamais de rétablir, rapidement, l'équilibre qui avait mis des millions (des milliards) d'années à se construire. Comme après les crises économiques, certaines populations opportunistes s'enrichissent, quand d'autres survivent à peine ou disparaissent, entraînant un appauvrissement dramatique de la biodiversité, qui mettra des milliers d'années à rétablir sa diversité.

La guerre chimique du monde agricole a eu raison du petit gibier. Les chasseurs se sont tournés vers son élevage intensif et ont favorisé la reproduction exponentielle de gibier 'plus noble' comme les sangliers.